Contenu
Tourisme et développement durable
Sans aucun doute, le tourisme enrichit nos vies. Que seraient nos sociétés industrielles contemporaines sans loisirs en plein air, sans sport, sans vacances à la campagne ou sans voyages à l’étranger ?
Les Amis de la Nature étaient parmi les pionniers du « tourisme pour tous » ; ils ont essentiellement contribué à rendre généralement accessibles la randonnée pédestre, les vacances d’hiver, le canoë ou les voyages dans des pays lointains.
Entre-temps le tourisme est devenu un secteur économique puissant. Les grands opérateurs et les chaines hôtelières gèrent plusieurs centaines de milliers de lits touristiques. Les nouvelles infrastructures du mégatourisme abondent, drainant plusieurs millions de visiteurs annuellement. Ces développements ne sont pas seulement positifs. Ils ont aussi des effets négatifs sur la nature et sur les conditions de vie des habitants des régions touristiques.
Tourisme et durabilité
La commission de l’ONU pour le développement durable (CDD) avait inscrit ce sujet à l’ordre du jour de sa conférence annuelle de 1999. A cette occasion, l’IAN en tant qu’ONG internationale accordant une priorité au tourisme, à l’environnement et au développement durable a élaboré et transmis ses propositions à l’ONU.
Le tourisme a besoin de la préservation du milieu naturel, du paysage et du patrimoine culturel, il peut être à l’origine de transferts financiers depuis les régions plus nanties vers les régions dépourvues, créer des emplois et améliorer la qualité de la vie des populations autochtones et il peut favoriser la tolérance et la compréhension entre individus et régions.
Malheureusement toutes ces opportunités ne sont pas saisies.
La progression du nombre de touristes à l’échelle mondiale, entraîne :
* des nuisances accrues, résultant des transports - ce sont les déplacements en voiture et par avion qui connaissent la plus forte progression,
* une urbanisation croissante et une mise en valeur excessives des traditionnelles régions de tourisme de masse, accompagnées d’une saignée des régions périphériques,
* une dépendance économique croissante des pays en voie de développement,
* des incidences graves socioculturelles et des violations des droits de l’homme,
* et bien entendu, des dégâts sur la nature, suite au développement touristique excessif ou à des formules de tourisme polluantes.
Pour un tourisme maîtrisé
Nous avons besoin d’un cadre international pour le développement du tourisme, définissant des normes minimales, sociales et écologiques. Sans de telles normes, le tourisme aura des incidences négatives sur l’économie dans les pays du tiers monde, mais aussi dans les pays industrialisés : le développement touristique incontrôlé dans les pays en développement a pour conséquence des prix ridiculement bas de voyages vers ces destinations et, à longue échéance, le secteur touristique des pays industrialisés ne pourra pas entrer en concurrence avec ces offres.
Les Amis de la nature demandent donc :
* que des normes sociales et écologiques soient garanties au plan international et que ces normes soient appliquées aux projets touristiques et par les opérateurs du tourisme,
* que des mesures soient prises permettant de développer les transports publics et de limiter les formes de déplacements particulièrement agressives pour l’environnement (par ex. les vols à courtes distances),
* que des études d’impact environnemental et territorial soient demandées pour des projets touristiques qui seront dimensionnés en fonction de la capacité d’absorption des régions concernées,
* que soient encouragées la participation, l’information et la formation des administrations et des populations locales dans le cadre de projets touristiques locaux,
* que les voyageurs soient informés des caractéristiques et des problèmes des régions qu’ils visitent.
D’après le document de l’IAN soumis à la 7ème conférence
de la commission de l’ONU pour le développement durable
New York
Avril 1999